13/02/2011

Les Suites délébiles du désastre: Séquelles de la Honte

Dans la série "opportunisme", on connait bien les remakes, 
qui pullulent en ce moment d'ailleurs, mais ce n'est pas un fait nouveau 
et ça existe depuis l'aube du cinéma.
Si c'est un bon moyen de faire de l'argent sur des titres déjà connus par le public, 
il ne faut pas croire que les producteurs avides de pesetas allaient s'arrêter là.
Si bien sûr il y a la copie qui rapporte un minimum, 
il y a également un genre un peu moins répandu, 
c'est celui de la suite, ou fausse suite.

deux cas de figure s'offrent alors:
1- On achète les droits et on fait une suite légale.
Même si on ne respecte pas du tout le matériau d'origine.
ou
2-On prétend faire une suite.
Ce qui coute moins cher, et permet de se foutre encore plus de l'original.

Les résultats sont souvent décevants, 
mais nous réservent parfois quelques surprises.

The Sequel Carrousel part 1


L'ORIGINAL

ET SA SUITE

Cette suite ressemble plus à un remake trash 
du Patrick de1978 qu'à une suite.
Elle reprend la trame générale et des éléments de l'histoire, 
et nous rajoute en cadeau tout le sexe et le gore, 
que le premier avait omis volontairement.

Robert Thompson: Patrick

L'histoire reste donc sensiblement la même, 
Patrick tombe dans le coma à la suite d'un accident, 
et est transporté à l'hôpital.
Il va éliminer depuis son lit un à un les responsables 
grâce à ses pouvoirs mentaux. 
 Gianni Dei, le nouveau Patrick

Si l'original nous venait d'Australie 
et avait remporté un succès critique incontestable, 
il n'était pas non plus ce qu'on peut appeler un blockbuster.
C'est sans doute pour ça, que nos amis Italiens
se sont attaqués à cette fausse suite.
Un bon moyen de surfer sur la vague des autres, sans risquer trop de représailles 
en choisissant une victime lointaine et qui faute de gros moyens 
ne se risquerait pas à de couteuses procédures judiciaires.
Toujours est il que voici:
Patrick still Lives (1980) 
 
Déjà coupable de l'un des giallos parmi les plus gore et sadiques, Giallo a Venezia,
Mario Landi continue sur sa lancée dans le malsain avec ce nouveau Patrick.
Il ne retiendra que les grandes lignes de l'original, 
et remplacera le suspense et la tension, par du sang et du sexe.
C'est d'ailleurs presque son seul intérêt, 
puisque le jeu des comédiens tout comme les péripéties du scénario 
comme bien souvent dans les productions ritals de l'époque 
sont caricaturales et ne s'embarrassent pas de logique.
On prend cependant beaucoup de plaisir à la vision de ce rejeton batard, 
tant la volonté de choquer est assumée jusqu'au bout.
Les scènes érotiques abondent et les meurtres rivalisent dans le sadisme, 
qui culmine dans une scène irréalisable de nos jours.
La pauvre Mariangela Giordano, qui se faisait déjà dévorer le sein 
par son fils devenu zombie dans Le notti del terrore (Le manoir de la terreur),
se fait ici embrocher à demie nue, 
les jambes grandes ouvertes sous l'influence de Patrick. 
Une séquence très explicite où on ne nous cache rien, 
enfin dans la version non censurée. 
Beaucoup des versions exploitées de part le monde furent amputées 
de certaines scènes, et surtout celle ci.
Il est assez drôle également de voir comment 
deux sujets similaires peuvent être traités aussi différemment:
D'un coté la finesse, de l'autre la force brute.

Si la performance géniale de Robert Thompson résidait dans le fait 
de ne pas bouger un cil durant tout le métrage 
ce qui donnait froid dans le dos, 
son remplaçant Gianni Dei a décidé de jouer 
son rôle de comateux bien différemment. 
Malgré son coma, chacune de ses attaques psychiques s'accompagne 
de clignements d'yeux et de grimaces, 
pour bien nous faire comprendre que oui, 
c'est bien lui le coupable.
Vacillant entre le crado et l'humour involontaire, 
Landi enchaine sans trop de temps morts
nichons et boyaux et nous livre à défaut d'un grand film 
comme son prédécesseur, une série B à la limite du Z,
qui a le mérite de distraire l'amateur d'horreur.

Donc si une bonne succession de moments chocs et de chairs exposées,
vous mettent en joie et que la logique de leur déroulement vous importe peu,
n'hésitez pas. On a vu bien pire.

Pour savourer celui ci dans la meilleur version possible,
le DVD de Shriek show est sans conteste la meilleure option, 
puisqu'il est le seul à être jusqu'à présent uncut et au format 16/9 (1.66:1 exactement).
(Espagne)
Beaucoup d'éditions ne se sont pas trop fait chier par le passé 
et ont carrément repris des images de l'original pour la jaquette.

(3 508px × 2 480px)
(Italie)
(1 648px × 1 094px)
(Allemagne)
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Qui aurait pensé que The Bad Seed (1956), 
ce petit bijou de l'épouvante, puisse avoir une suite?
Et bien mieux que ça, il en a eu deux, illégitimes certes, 
et ceci 40 ans après sa sortie.

 Mommy (1995)  Mommy's Day (1997)

Le plus fun dans toute cette histoire, c'est qu'à aucun moment des deux films il n'est fait allusion à l'original, mais que la publicité (posters, bandes annonces, etc...) ne se gêne pas pour en faire mention.
The Bad Seed abordait avec brio le sujet de l'enfance démoniaque, 
et la petite Patty McCormack était détestable à souhait.
On la retrouve donc adulte et toujours aussi barrée, 
sans plus d'explications, elle ne sera appelée que Mom durant les deux épisodes,
et cette fois elle va défendre sa progéniture 
avec toute la passion d'une Sérial Mother (sorti 1 an plus tôt).
Patty McCormack: Sérial girl & sérial Mom

Les deux films ont été tournés directement en vidéo, 
avec de minuscules budgets et ne s'en tirent pas si mal.

Le premier voit donc Mommy éliminer tout ceux 
qui s'opposent au bonheur de sa fille
et il ne brille pas par son originalité.
Les meurtres sont très soft et le jeu rigide n'arrange rien 
au rythme assez mou du métrage.
Le final est sans surprise et Mommy sera arrêtée.

Mommy's Day est lui bien plus marrant et réussi, 
ce qui est rare pour une suite (de suite qui plus est).
Mommy évite de peu la peine de mort en acceptant un nouveau traitement:
l'implantation d'une puce l'empêchant de céder à ses pulsions homicides.
Pas de bol, les meurtres reprennent de plus belle, 
et Mommy qui cherche à revoir sa fille redevient suspecte numéro un.
Est elle coupable?
Le rythme s'améliore, les meurtres sont plus nombreux et mieux exécutés, 
la lumière se permet quelques excès bienvenus et l'humour est même de la partie.
Sans atteindre le niveau de chef d'œuvre, 
ce petit thriller se laisse suivre agréablement jusqu'au final 
assez rigolo lui aussi.
On retrouve les acteurs du premier tels que: 
Tata Brinke Stevens, la  soeur de Mommy, 
qui ne montre pas ses seins comme à sa grande période 
de scream Queen des eighties.
Mickey Spillane  cachetonne quelques minutes dans le rôle de l'avocat.
Rachel Lemieux est toujours sa fille.

Et on retrouve certains acteurs dans d'autres rôles 
avec un look différent comme Michael Cornelison.
 
Après une longue absence en DVD, ils sont de nouveau trouvables 
séparément ou dans un coffret dédié à l'auteur,
avec même un commentaire audio de l'équipe principale au complet.
The Bad Seed est disponible en France dans un très joli DVD chez Warner
sous le titre La Mauvaise graine.


Pour les curieux on peut voir des photos de tournage sur le blog de Jeff Carney,
qui semble avoir tourné le début du premier film 
avant de se faire virer et remplacer par l'auteur.



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 (1901px × 2921px)
 
Regardez ce qui est arrivé au bébé de Rosemary


Total flop pour cette suite,
pourtant officielle cette fois du chef d'oeuvre de Polanski:
Rosemary's Baby (1968)  

Une histoire décousue, soporifique et cheap,
surtout lorsque l'on parle du fils du diable, 
qui ici a bien peu de serviteurs et des pouvoirs ridicules.
Le tout nous est conté
à grand renforts d'effets spéciaux ratés, même pour l'époque.
A sa décharge, il s'agit d'un téléfilm,
ce qui réduit d'emblée tout débordement horrifique,
mais l'original était effrayant dans la suggestion et peu démonstratif en effets spéciaux.
Ici on préfère en faire trop dans le mauvais gout, avec : 

-Yeux qui brillent pour symboliser les pouvoirs mentaux
avec accompagnement de chœurs sataniques.

-Jeu outrancier des comédiens.
-Des voix off toutes les dix minutes
pour tenter d'expliquer ce qui se passe.

-Symboles basiques:
_le blanc pour les gentils, le noir pour les méchants, 
avec un maquillage blanc façon mime, mais là ne me demandez pas pourquoi.
_Le Rock c'est le mal (enfin ici c'est plutôt du Disco Funky)
Le film est divisé en plusieurs parties.
La première nous montre Adrian à 8 ans,
enlevé par sa mère au Couvent du diable et ses sbires.
Après quelques pérégrinations, la pauvre mère,
jouée par Patty Duke (remplaçant Mia Farrow) disparaitra dans un bus fantôme 
(c'est à dire sans chauffeur, puisque les bus n'ont pas d'âme, voyons).
On ne la reverra plus, et ne vous avisez pas de demander
où elle peut bien être passée. Merci.
La suite nous décrit Adrian adulte. Il a 20 ans, mais en parait 30,
en réalité l'acteur Stephen McHattie en avait 29 exactement.
Le truc c'est surtout que si l'on considère que le bébé est né en 1968 environ,
cette suite devrait donc se dérouler vers la fin des années 80,
et pourtant la mode est clairement celle des seventies.
Enfin bon, passons sur ces broutilles.
Il est chanteur de rock, quoiqu'on n'entendra pas une de ses compositions, dommage.
Pour faire bref, son père (George Maharis en lieu et place de John Cassavetes
et le couple de petits vieux maléfiques dirigeant le couvent satanique 
vont tout faire pour qu'Adrian devienne l'Antéchrist tant attendu. 
Dans quel but exactement ce n'est pas très clair.
Le vieux couple a un peu changé.
On retrouve la géniale Ruth Gordon du premier volet, 
ici un peu moins en forme,
tandis que son mari (jadis Sidney Blackmer) est remplacé par Ray Milland.
Sur sa route notre Lucifer junior va rencontrer une belle infirmière,
qui au final se fera renverser par une voiture noire qui tentait d'écraser Adrian.
Il découvre avec horreur que le conducteur n'est autre que son père
que l'on savait sataniste, mais tout de même. 
Adrian disparaitra dans la nuit noire (et glacée sans doute). 
Ce qu'il devient par la suite, on s'en contre fout.
Vous croyez que c'est fini? Eh bien non!
Une troisième petite partie nous montre
que les vieillards démoniaques ont une petite fille, 
qu'elle est enceinte, et que ce n'est autre que... (Tambour....)
Ellen (l'infirmière). 
A la vue de leurs regards satisfaits et des rictus qui déforment leur visages, 
on devine (à moins d'être atteint d'un cancer des yeux) que l'enfant sera un nouvel Antéchrist. 
Bin oui, vu qu'elle s'est tapé Adrian.
Ha oui, je ne l'avais pas précisé, c'est vrai.
Ce qui veut donc dire qu'il sera le petit fils de Satan.
Ce qui semble leur suffire.
Moralité: Même Belzébuth en chie pour faire obéir ses gosses. 
On est donc pas les seuls à avoir besoin de super nanny, c'est rassurant.

Pour ceux qui aiment les mauvais (et lents) films,
vous pourrez y trouver matière à quelque amusement,
quand aux autres, vous ne louperez pas grand chose.
Le film est trouvable sur le net en VO.
 

Ne pas confondre avec
Baby Rosemary (1976)
qui n'a rien à voir (enfin si on peut dire) avec tout ça.
(580px × 893px)
(1 275px × 2 000px)


1 commentaire:

MEDUSA FANZINE a dit…

Perso je préfère Patrick viva ancora au premier Patrick !
Bien plus jouissif !

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